
Qu'est-ce que la diversification concentrique ? Le jour où un atelier de menuiserie a failli disparaître
Un atelier de menuiserie qui fabrique des meubles sur mesure voit ses commandes chuter pendant plusieurs mois. Le dirigeant a deux options sur la table : se lancer dans l'agencement de cuisines (un métier voisin, qui utilise les mêmes machines et le même savoir-faire du bois) ou ouvrir une activité de location de matériel de chantier (un métier totalement différent, sans aucun lien avec la menuiserie). C'est exactement la question que pose la diversification concentrique : élargir son activité sans quitter le terrain qu'on connaît.
La diversification concentrique consiste à ajouter une nouvelle activité, un nouveau produit ou un nouveau marché qui reste proche du métier d'origine, en réutilisant les compétences, les technologies ou les savoir-faire déjà maîtrisés par l'entreprise. C'est une des formes de diversification les plus utilisées par les PME, justement parce qu'elle limite le risque par rapport à une diversification totale.
Qu'est-ce que la diversification concentrique, concrètement ?
La diversification concentrique repose sur un principe simple : on ne change pas de métier, on l'étend. L'entreprise capitalise sur ce qu'elle sait déjà faire - une technologie, un réseau de distribution, une marque, une expertise technique - pour proposer quelque chose de nouveau à une clientèle identique ou proche.
Comme le résume Manager GO!, il y a dans ce type de stratégie un transfert de compétences déjà acquises et de technologies existantes pour l'élaboration de nouveaux produits. L'entreprise ne part pas de zéro : elle recycle ce qui fonctionne déjà pour aller chercher un nouveau relais de croissance.
Dans le cas de l'atelier de menuiserie, se lancer dans l'agencement de cuisines est une diversification concentrique : mêmes machines, mêmes fournisseurs de bois, même clientèle de particuliers qui rénovent leur logement. L'entreprise élargit son offre sans sortir de son cœur de métier.
Diversification concentrique exemple : plusieurs cas concrets
Au-delà de l'exemple de la menuiserie, la diversification concentrique se retrouve dans de nombreux secteurs :

- Un fabricant de yaourts qui lance une gamme de desserts lactés, en réutilisant les mêmes lignes de production et les mêmes circuits de distribution.
- Une agence de création de sites web qui propose en plus des prestations de référencement naturel, parce qu'elle maîtrise déjà la technique derrière les sites qu'elle construit.
- Un fabricant de pneus automobiles qui développe des pneus pour deux-roues, en s'appuyant sur la même expertise en caoutchouc et en composés chimiques.
Dans chaque cas, le point commun est le même : il existe une synergie technologique, commerciale ou de savoir-faire entre l'ancienne et la nouvelle activité. C'est ce qui distingue la diversification concentrique d'une diversification purement opportuniste.
Quelle est la différence entre la diversification horizontale et verticale ?
C'est souvent là que la confusion s'installe, parce que les trois notions se recoupent partiellement. Il faut distinguer trois logiques :
- La diversification horizontale : l'entreprise ajoute des produits nouveaux, sans lien technologique direct avec son activité actuelle, mais destinés à la même clientèle. Exemple : une marque de vêtements de sport qui lance une gamme d'accessoires de fitness.
- La diversification verticale : l'entreprise intègre une étape de sa chaîne de valeur, en amont (achat d'un fournisseur) ou en aval (ouverture de ses propres points de vente). Ce n'est pas vraiment une diversification au sens strict, c'est plutôt une intégration.
- La diversification concentrique : l'entreprise reste proche de son métier technique mais élargit son marché ou son offre, en gardant un lien de compétence fort avec l'existant.
Selon jybaudot.fr, la diversification concentrique consiste, à partir du métier historique, à explorer soit un nouveau marché, soit un nouveau produit, en gardant un pied dans ce que l'entreprise sait déjà faire. C'est cette logique de proximité qui la rend moins risquée que les autres formes de diversification.
Diversification concentrique et conglomérale : où se situe la vraie rupture
À l'opposé de la diversification concentrique se trouve la diversification conglomérale. Ici, l'entreprise se lance dans une activité totalement étrangère à son métier d'origine, sans synergie technique, commerciale ni de clientèle. C'est le choix d'un groupe industriel qui rachète une chaîne hôtelière, ou d'une entreprise agroalimentaire qui investit dans l'immobilier.

La différence tient en une phrase : la diversification concentrique mutualise des compétences existantes, la diversification conglomérale les ignore complètement et mise sur la répartition du risque financier pur. C'est pour cette raison que la diversification conglomérale est statistiquement plus risquée : l'entreprise doit apprendre un métier entièrement nouveau, souvent sans aucun avantage compétitif de départ.
Revenons à l'atelier de menuiserie : l'agencement de cuisines, c'est de la diversification concentrique. La location de matériel de chantier, qui n'a rien à voir avec le bois ni avec la clientèle de particuliers, aurait été une diversification conglomérale. Le dirigeant a choisi la première option - et c'est précisément parce que le risque y était plus maîtrisable qu'il a pu redresser son activité sans lever de capitaux externes.
Stratégie de diversification avantages et inconvénients
La diversification concentrique a des atouts réels, mais elle n'est pas sans limites.
Les avantages
- Elle réduit le risque par rapport à une diversification totale, puisque l'entreprise s'appuie sur des compétences déjà éprouvées.
- Elle permet de rentabiliser des investissements existants (machines, savoir-faire, marque) sur un périmètre plus large.
- Elle ouvre de nouveaux relais de croissance quand le marché d'origine stagne ou se contracte.
Les inconvénients
- La proximité avec le métier d'origine peut masquer une concurrence déjà bien installée sur le nouveau segment.
- Elle demande malgré tout un investissement en temps et en trésorerie qui n'est pas toujours mesuré correctement en amont.
- Elle peut diluer l'image de marque si la nouvelle offre est perçue comme incohérente par les clients historiques.
Comme le souligne eequebec.com, diversifier ses activités vise d'abord à réduire les risques et à augmenter les opportunités de croissance - mais cela suppose une évaluation honnête de la synergie réelle entre l'ancien et le nouveau métier, pas seulement une intuition.
« La diversification concentrique implique l'expansion dans des domaines connexes ou complémentaires à l'activité principale de l'entreprise. » - Le Blog du Dirigeant
Quels sont les 3 niveaux de stratégie et où se situe la diversification concentrique ?
Pour bien situer la diversification concentrique, il faut la replacer dans la hiérarchie des décisions stratégiques d'une entreprise. On distingue généralement trois niveaux : la stratégie corporate (le périmètre d'activités du groupe, où se décide justement la diversification), la stratégie business ou concurrentielle (comment gagner face aux concurrents sur un marché donné) et la stratégie opérationnelle (l'exécution au quotidien, fonction par fonction).

La diversification concentrique se décide au niveau corporate : c'est une question de portefeuille d'activités, pas de tactique commerciale. Cette distinction est souvent confondue, et j'en parle plus en détail dans l'article sur les 4 types de stratégies d'entreprise, qui explique pourquoi mélanger niveau corporate et niveau marketing mène souvent à des décisions mal calibrées.
Comment décider si la diversification concentrique est la bonne option
Avant de se lancer, trois questions méritent d'être posées sérieusement :
- Le lien de compétence est-il réel ou supposé ? Un fabricant de yaourts qui veut lancer des cosmétiques au lait n'a pas forcément les compétences de formulation cosmétique, même si l'idée semble logique sur le papier.
- La clientèle existante achètera-t-elle vraiment la nouvelle offre ? La proximité technique ne garantit pas la proximité commerciale.
- L'entreprise a-t-elle les ressources pour mener les deux activités de front, sans que la nouvelle ne cannibalise l'attention portée à l'activité historique ?
C'est exactement ce type d'arbitrage que je développe dans l'article sur les 4 principales stratégies de développement, où la diversification est comparée aux stratégies de pénétration de marché, de développement de marché et de développement de produit.
Pour les PME qui cherchent à structurer cette réflexion sans se perdre dans des audits interminables, automatiser le suivi de sa visibilité et de son contenu pendant la phase de diversification peut libérer du temps pour ce genre d'arbitrage stratégique. Un outil comme découvrir les cas d'usage de ForgR permet par exemple de garder une présence en ligne cohérente sur l'activité historique pendant qu'on teste une nouvelle offre, sans mobiliser une équipe dédiée.
Stratégie de diversification exemple : ce que montre le terrain
Dans la pratique, les entreprises qui réussissent leur diversification concentrique commencent presque toujours petit : une offre pilote, testée sur une portion limitée de la clientèle existante, avant d'investir massivement. L'atelier de menuiserie n'a pas acheté de nouvelles machines d'agencement de cuisines dès le premier mois : il a d'abord proposé le service à trois clients historiques, en sous-traitant une partie de la pose, pour valider que la demande existait vraiment avant d'investir dans l'outillage.
Cette logique progressive rejoint ce que j'explique dans l'article sur les 3 types de croissance : une diversification, même concentrique, reste une prise de risque, et la meilleure façon de la sécuriser est de la tester à petite échelle avant de l'industrialiser.
La diversification concentrique n'est ni une martingale ni un pari aveugle : c'est un outil stratégique précis, qui fonctionne quand la synergie entre l'ancien et le nouveau métier est réelle et vérifiée sur le terrain, pas seulement supposée sur un tableau Excel.
À retenir
- La diversification concentrique réutilise des compétences ou technologies déjà maîtrisées pour lancer un nouveau produit ou atteindre un nouveau marché
- Elle se distingue de la diversification conglomérale, qui n'a aucun lien avec l'activité d'origine et expose à un risque plus élevé
- La diversification horizontale cible la même clientèle avec un produit différent, la diversification verticale intègre une étape de la chaîne de valeur
- Cette stratégie se décide au niveau corporate, pas au niveau marketing ou opérationnel
- Tester l'offre à petite échelle avant d'investir massivement limite le risque propre à toute diversification, même concentrique
Questions fréquentes
Quels sont les 3 types de diversification ?
On distingue généralement la diversification concentrique (lien fort avec le métier d'origine), la diversification horizontale (nouveaux produits pour la même clientèle) et la diversification conglomérale (activité sans aucun lien avec l'existant).
Quelle est la différence entre la diversification horizontale et verticale ?
La diversification horizontale ajoute des produits nouveaux destinés à la même clientèle, sans lien technologique direct. La diversification verticale consiste à intégrer une étape amont ou aval de sa propre chaîne de valeur, comme racheter un fournisseur ou ouvrir ses propres points de vente.
Comment définir la diversification ?
La diversification est une stratégie de croissance qui consiste à développer de nouveaux produits sur de nouveaux marchés, par opposition aux stratégies qui restent centrées sur le couple produit-marché existant.
Quels sont les 3 niveaux de stratégie ?
On distingue la stratégie corporate (le périmètre d'activités du groupe, où se décide la diversification), la stratégie business ou concurrentielle (comment gagner face aux concurrents) et la stratégie opérationnelle (l'exécution quotidienne par fonction).
La diversification concentrique est-elle moins risquée que les autres formes de diversification ?
Elle est généralement considérée comme moins risquée parce qu'elle s'appuie sur des compétences déjà éprouvées par l'entreprise, contrairement à la diversification conglomérale qui exige d'apprendre un métier entièrement nouveau.